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Être loin des siens….

17 Dec 2018

 

Nous évoquions dans les articles précédents, les fêtes familiales et tout ce qu’elles pouvaient susciter chez chacun avec la mise au travail des liens dans des moments qui sont à la fois plein d’amour et  de tension. Et puis je vous invitais à quelques réflexions pour accompagner ce mouvement intérieur.

 

Mais pour de nombreuses personnes, ce temps peut aussi être source de souffrance et d’isolement….quand il s’agit par exemple de passer les fêtes loin des siens !

 

Loin des siens comme l’exilé, le migrant. Celui qui est le cordon de survie de sa famille là-bas.

Loin des siens comme l’expatrié qui est parti chercher l’expérience professionnelle  et d’autres choses encore dans un ailleurs.

 

Loin des siens comme celui ou celle qui a « coupé » les ponts comme l’on dit afin de se protéger de sa famille.

 

Loin de siens comme celle ou celui dont les choix personnels, amoureux, sont venus contrarier les attentes ou les injonctions familiales et qui sera mise à distance jusqu’à ce qu’il ou elle retrouve le « droit chemin » !

 

Loin des siens comme celui qui a perdu les personnes chères qui constituaient le noyau et les liants de la famille.

 

Chaque situation est bien sûr différente, plus ou moins subie, plus ou moins douloureuse, plus ou moins ancienne.

 

J’aimerais beaucoup vous parler de deux familles à mes yeux  très importantes.

 

Il y a bien sur la famille de laquelle nous pouvons être long, géographiquement, affectivement, ………. et puis il y a une autre famille beaucoup plus proche, une famille qui habite en nous, et nous habite, une famille qui occupe notre scène intérieure et avec laquelle nous voyageons, nous mangeons, nous vivons, nous aimons, nous ressentons où que nous soyons.

 

Cette scène intérieure, ce monde dont je vous parle,  c’est un lieu en nous, en chacun. Un lieu qui va se peupler au fil de notre croissance, de notre développement et de nos expériences (d’apaisement, de peurs, d’effroi, d’amour, de chaleur, de réconfort). Nous allons y accueillir des souvenirs, des sensations, formes, des images, des paroles, des émotions, des pensées, des personnages et des liens.

Nous pouvons dire que ce monde est constitué de toutes nos expériences conscientes et inconscientes,  passées au tamis de notre subjectivité.

 

Chacun, père, mère, frère, grand-père, grand-mère, oncle, tante, fils, sœur, s’y retrouveront, non pas  tels qu’ils sont bien sûr, mais tels que je les vis, tels que je les vois, tels que je me les représente et tels que je les pense– autant dire qu’on peut tout à fait donner à un personnage intérieur un rôle très diffèrent de celui qu’il incarne au dehors. Nous sommes habités d’avatars qui évoluent en nous  et avec lesquels nous sommes  quotidiennement en relation - Qu’ils soient morts ou, bien vivants, dans la réalité, on peut  poursuivre l’échange, les interrogations, les demandes d’aide et de soutien.

 

Vous savez ce monde intérieur on peut en en connaitre un peu la tonalité avec une expérience simple :

Imaginez, vous êtes à la nuit tombée - dans une pièce silencieuse, vous êtes seul(e) ; et vous éteignez tout à coup la lumière.  Vous attendez un peu !

Comment vous sentez-vous, que ressentez-vous, qu’entendez-vous ?  

Quelque chose de ce monde interne s’éclaire alors dans l’obscurité. Vos yeux ne peuvent plus se poser sur les objets du quotidien et vous commencez  alors à entrer un peu en vous ? Est-ce agréable, neutre, déplaisant ?

Avez-vous besoin de bouger un peu, de vous parler, de vous toucher, de chercher une idée pour y accrocher votre pensée ?

Qu’est-ce qui remonte à la surface quand vous n’êtes plus dans le bouillonnement du jour ?  Bien sur l’expérience ne rend pas compte de toute la richesse de ce monde interne, mais elle renseigne un peu sur ce rapport que chacun nous pouvons avoir avec lui.

 

Alors si nous revenions maintenant aux occupants de la scène du dedans.

 

Cette famille intérieure  -Puis-je entrer contact, en dialogue avec elle – de quelle manière ?

Je dirais, en continuant à se parler « à soi-même », en écoutant les réponses du grand-père intérieur, les mises en garde du père intérieur, les consolations de la mère intérieure, les doutes de tels ou tels personnages. Et si pour vous cette idée-là est nouvelle, alors ça peut être en apprenant petit à petit à être attentif à ce qui se passe en soi, aux dialogues qui nous habitent. Ils peuvent être courts, construits, avec des mots ou des scènes et des images, des souvenirs qui affleurent soudain.

 

Alors ces dialogues avec la famille sont-ils soutenants, contenants, apaisants ou rejetants, inquiétants, absents, angoissants?

 

Je vois au moins un intérêt majeur  à pouvoir penser ainsi la famille sur ce double registre du dedans et du dehors.  

La famille intérieure comme nous l’avons vu est le fruit de nos expériences relationnelles, passés au tamis de notre subjectivité, de notre sensibilité, de nos attentes, au fil de nos âges et de nos besoins etc.

 

Cela signifie deux choses au moins.

 

1] Cette famille-là que nous la côtoyons tous les jours, ça lui donne une grande importance dans notre vie, dans nos choix !

 

2] Cela signifie aussi que nous pouvons du coup avoir un effet sur elle et ses « membres », tels qu’ils nous habitent. Nous pouvons en modifier la portée, en redessiner les contours, nous pouvons à l’aune de l’adulte que nous sommes devenus, en revisiter l’empreinte et la qualité.

 

Milton Erickson disait cette chose étonnante: «  Il n’est jamais trop tard pour avoir eu une enfance heureuse : il suffit d’y porter un autre regard ».

Je ne dis pas que c’est simple mais ce travail là est possible !

 

Notre pouvoir de transformation de notre famille intérieure est bien plus important que celui que nous pouvons opérer avec notre famille de « chair et d’os « !!

Et il y a fort à parier qu’en travaillant ainsi, en apprenant à dialoguer avec cette part de soi, on en vienne à modifier légèrement les rapports réels  et nos attentes vis-à-vis de notre famille du dehors.– c’est en tout cas un risque à prendre.

 

Alors Noel et les fêtes familiales viennent c’est vrai marquer, amplifier les choses, l’isolement, la souffrance, la distance  mais à bien y regarder cette famille réelle de laquelle on se sent loin pour de multiples raisons, on peut aussi en souffrir les autres jours de l’année. Prenons cela comme un signal pour mettre les choses au travail en soi.

 

Ca n’a pas de prix d’être en bonne compagnie avec soi-même et avec ceux qui nous habitent, c’est un très bon début en tout cas !

En savoir plus sur la pratique de Frédéric Bois, psychologue



 

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