• Frédéric bois

« Sois le changement que tu veux voir dans le monde » Ghandi


Nous avons vu que ce moment de fêtes et de rassemblement est aussi un moment qui venait mettre au travail chacun des membres d’une famille – dans ce contexte il est toujours intéressant de se demander dans un premier temps ce que nous attendons chacun de ce moment en identifiant nos « attentes particulières! ». Ce qui implique d’aller un peu en soi !

Le second pas que je vous propose de faire, nous emmène en Inde avec cette pensée du sage Gandhi :

« Soit le changement que tu veux voir dans le monde »

Ce changement comment puis-je déjà l’initier en moi ?

En restant dans l’attente d’un changement qui viendrait de l’autre, du groupe, du compagnon, de sa femme, de son enfant, on se prive d’un cadeau précieux – qui s’appelle « progresser ».

Si j’attends par exemple que l’on puisse me rassurer, me témoigner de l’affection et de l’amour je dois pouvoir observer comment moi-même je témoigne mon affection, comment j’exprime mes émotions aux miens.

Que puis-je créer de diffèrent dans ma manière de communiquer, dans ma façon d’être un peu moins aux endroits où l’on m’attend ?

Si je souhaite par exemple une meilleure communication, une plus grande expression du lien, un témoignage d’affection plus explicite, que puis-je initier et auprès de qui, quand (moment le plus favorable), comment (avec des gestes, un mot, une caresse !) ?

Alexandre Jollien a cette formule merveilleuse et dynamique :

« Que puis-je inaugurer aujourd’hui ! »

C’est fantastique je trouve cette idée de pouvoir prendre part, initier une chose totalement nouvelle, inédite pour soi !

Nous sommes des êtres de relations et d’interaction – et ce changement que j’opère, en moi et dans la relation produira nécessairement des choses différentes entre nous ! C’est un bon début.

Albert Einstein disait : « la folie c’est faire toujours la même chose en s’attendant à un résultat diffèrent. »

C’est quand même souvent le cas dans la famille, on souhaiterait tellement que nos comportements s’ajustent différemment et que les relations évoluent, tout en continuant à jouer de part et d’autre la même partition. On est souvent plus attentiste qu’attentif à cela !

Alors que puis-je modifier dans l’équation (comportement, propos, attention) pour imaginer d’autres échanges avec l’autre ?

Un autre angle, intéressant c’est ce que je pourrais appeler « Chausser les lunettes de l’ethnologue. »

C’est-à-dire prendre cette posture de l’explorateur qui découvre une peuplade presque nouvelle pour en apprécier les us et coutumes, la place que chacun occupe et les liens privilégiés qui les unissent– ce que je vous propose en fait c’est un jeu d’aller-retour entre cette position d’observateur et celle du fils, du père, de la sœur, de la mère que vous êtes, engagé(e) dans les relations et l’histoire de sa famille !

C’est ce même travail que j’ai pu initier avec des patients dont un être proche souffrait de maladie mentale. C’est terrible de ne plus tout à fait reconnaître l’autre, dans ses comportements, ses habitudes, sa façon de communiquer, sa manière de penser ! Ou d’avoir le sentiment de ne rien pouvoir modifier dans le lien.

Dans ce travail que nous menions, il s’agissait justement de dépasser l’énigme du comportement de l’autre – Ne pas comprendre nous met en position de subir, d’être sous le coup de l’arbitraire de l’autre, de l’insensé. Parfois on attribue les conflits ou les tensions dans la relation à l’humeur changeante de l’autre sans avoir pris le temps de se pencher sur nos propres émotions avec lesquels nous allions vers lui !

En prenant le temps d’observer, en mettant ses lunettes d’ethnologue on va pouvoir - ---- REGARDER : Ce qui va apaiser ou au contraire angoisser !

- REGARDER les contextes propices à l’échange ou qui risquent au contraire d’enflammer la relation.

- APPRÉCIER la manière dont se font et se vivent les transitions dans la famille. C’est par exemple regarder la manière dont on vit l’absence de l’autre et comment on l’accueille à son retour. C’est aussi regarder la manière dont chacun est présent à l’autre (physiquement mais aussi psychiquement). Je peux être là devant toi mais tellement absorbé par mes problèmes que j’en perds la faculté d’être attentif à tous tes petits signaux, à tes émotions, à ton bien-être !

- NOTER ce que j’appelle aussi la distance dynamique (c’est- à-dire cet ajustement permanent qui me permet d’être proche sans être intrusif, d’être à distance mais pas trop pour ne pas risquer de confronter l’autre à un vécu d’indifférence voire de rejet ou d’abandon)

On cherche à comprendre les enjeux et la manière dont nous interagissons ensemble, comment je prends part à la relation (mes peurs, les tiennes et la manière dont nous pouvons appuyer l’un l’autre sur nos boutons d’angoisse respectifs etc.) –

Tout à coup on peut retrouver une certaine lisibilité des relations avec l’autre et une pré-dic-ti-bi-li-té des comportements qui rend le quotidien moins lourd à vivre.

Ce travail d’ethnologue pour revenir à la famille, c’est observer quoi ?

Quels en sont les grandes règles au sein de la famille, la mythologie, c’est-à-dire le récit que la famille se fait de son origine, les us et coutumes, le pouvoir et sa distribution, les rituels de passages, qui est le guérisseur (celui qui apaise). C’est tenter de comprendre la place de chacun et son rôle dans la tribu.

Ce qui est formidable alors avec cette petite prise de recul c’est le fait de retrouver du « jeu » - au sens mécanique aussi, vous savez quand on dit « y’a du jeu », y’a du mouvement possible – on n’est pas figé. Le premier mouvement est peut-être là, dans le regard que je porte sur l’autre, sur notre relation, et sur ce que je vis.

Une autre image qui me vient c’est la fameuse « marge de manœuvre » dont on dispose etc. Cette marge qui est au cœur de toute relation, de tout système. Dans ce que je vis avec l’autre, qu’il soit familial, amical, amoureux, professionnel, dans toute situation nouvelle où quelque chose semble s’imposer à moi : quelle est ma marge de manœuvre ? Cette question se pose de manière globale.

Sartre nous invite à réfléchir : « L'important n'est pas ce qu'on fait de nous, mais ce que nous faisons nous-même de ce qu'on a fait de nous »

Que puis-je modifier pour rendre mon quotidien, ma relation à l’autre plus agréable, plus constructive.

Et puis en prenant le temps d’observer on peut être surpris – d’ailleurs c’est toujours intéressant de se « préparer à être surpris ! » c’est-à-dire se mettre dans une position d’ouverture et d’accueil – oui je sais, c’est souvent plus simple à dire qu’à faire, mais essayez !

Si je cherche à repérer comment on fait chez nous pour exprimer notre attachement par exemple, je peux observer la manière particulière qu’a chacun de me témoigner son affection (ça peut être avec la cuisine et les bons petits plats, ça peut être autour de questions professionnelles de mon père (parce que les émotions et les effusions comme il dit, ce n’est pas son truc !), ça peut être avec des gestes simples, des attentions discrètes. Le choix d’un cadeau ou d’un regard !

Et puis n’oublions pas que ce n’est pas parce que je ne vois pas une chose, qu’elle n’existe pas ! Peut-être ai-je à affiner mon regard ou apprendre à porter mon attention plus largement !

Et puis comment je m’y prends moi-même pour témoigner mon amour et exprimer mes émotions ?

Dans tous les cas il est important de rester extrêmement modeste dans nos prétentions de changement. Gardons-nous surtout de vouloir changer l’autre !

Si on le pouvait…ça se saurait et puis si on pense avoir réussi l’exploit c’est que l’autre a disparu – il s’est conformé à ce que j’attendais de lui ! Vous connaissez toutes et tous l’histoire du cheval et de son naturel au galop ! Commençons donc par changer notre regard sur les choses, sur l’autre et sur soi, c’est déjà un bel objectif !

Comme le disait Jean-Bertrand Pontalis : « Changer c’est d’abord changer de point de vue »

Je pense à une autre chose intéressante dans ces grands moments-là !

C’est L’écoute de son propre temps !

L’occasion parfois rare d’être tous ensemble nous fait obligation d’en profiter au maximum

Or il est important de pouvoir mesurer notre limite dans le temps à ce travail familial, à cette « prise sur soi » pour se « frotter sans trop d’étincelles » au rythme des autres.

Parfois mieux vaut privilégier la frustration d’un séjour trop court aux tensions d’un séjour trop long.

Si la famille est ce formidable lieu qui peut être à la fois espace de ressourcement, de plaisir partagé c’est aussi le lieu d’une mise en tension intérieure et d’un travail sur soi…pour avancer !

En savoir plus sur la pratique de FrédéricBois, psychologue

#Noël #Famille #changement

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